Depuis sa prise de fonction le 27 janvier 2026, le Directeur Général de la Société Burkinabè des Fibres Textiles (SOFITEX), Monsieur Braïma BARRO a fait de la mobilisation du personnel une priorité. Ce jeudi 26 mars, il a clos à Bobo-Dioulasso, les sorties-terrains de visite des installations et de prise de contact qu’il a organisées dans les huit Directions de région Cotonnière (DRC).
C’est au complexe industriel Bobo 3 que la Directrice de région cotonnière, Madame SOUABO/TRAORE Haoua et ses collaborateurs ont accueilli le Directeur Général et la délégation qui l’accompagnait. Visite des installations, des magasins et des aires de stockage des balles, du site de traitement de la semence et échanges avec les travailleurs dans leurs postes ont constitué le menu de cette première étape. Après Bobo 3, le cap est mis sur le magasin SOPAGRI, l’usine Bobo 1, la plus vielle des usines d’égrenage, installée en 1958. Cette usine est à l’arrêt non seulement pour insuffisance de coton, mais surtout à cause de sa vétusté qui rend son coût de fonctionnement élevé. Qu’à cela ne tienne le Directeur Général a tenu à la visiter et à comprendre son fonctionnement.
La délégation s’est ensuite rendue à l’usine Bobo 2 où le Directeur Général a pu constater les conditions de travail de ses collaborateurs. Là aussi, il a visité les magasins et s’est rendu sur le quai de chargement des balles de coton dans des wagons de train.
La deuxième phase de cette sortie terrain a été les échanges directs avec les travailleurs de la Direction de Région Cotonnière au garage poids lourds. Après avoir souhaité la bienvenue au Directeur Général et exprimé l’honneur de l’accueillir, la DRC Madame SOUABO a présenté sa région cotonnière qui occupe les limites de la province du Houët plus un village du département de Sidéradougou dans les TANOUYA. La région compte 804 Groupements de producteurs de coton (GPC) fonctionnels pour la campagne 2025/2026. Elle a connu son niveau record de production au cours de la campagne 2005-2006 avec 116 638 tonnes de coton graine. Mais depuis, la production est en baisse. Sur les cinq dernières campagnes, elle est passée de 66 089 tonnes en 2020-2021 à 28 041 tonnes en 2024-2025 Pour la campagne 2025-2026 c’est une production estimée à 32 568 tonnes sont attendue dont 31 662 tonnes sont déjà évacuées et égrenées à ce jour. 81% de ce tonnage a été payé aux producteurs avec un ratio d’endettement de 55%. Sur l’ensemble des GPC, 14 sont malheureusement en impayés.
Ce qui a fait dire à la DRC que le potentiel existe mais des contraintes liées aux aléas climatiques, à l’insécurité, aux impayés externes et internes, au dysfonctionnement de certains GPC, au parasitisme et à la désaffectation de producteurs au profit de l’orpaillage et d’autres spéculations freinent les efforts. Cependant, « soyez rassuré Monsieur le Directeur Générale parce que nous sommes déjà sur le terrain pour rétablir et renforcer la confiance avec les producteurs par l’amélioration de nos prestations ». D’autres initiatives sont prises pour remonter la pente. Ainsi, les prévisions de production sont de l’ordre de 40 000 tonnes pour la campagne à venir.
S’adressant à ses collaborateurs, le Directeur général les a félicités pour les efforts qu’ils font au quotidien et les a encouragés à poursuivre dans cette dynamique au regard de la place de la SOFITEX occupe dans l’économie nationale. « La SOFITEX ne nous appartient pas à nous seuls, elle appartient aussi aux millions de Burkinabè qui en vivent », a-t-il rappelé. Pour ce qui le concerne, il a initié un « rapport diagnostic participatif afin que nous identifions de façon endogènes nos difficultés ainsi que les pistes de solutions ». « Je souhaite que cette crise que vit la SOFITEX soit la dernière », a-t-il insisté. Pour cela, « nous devons revoir nos outils de pilotage afin de les adapter à la dynamique actuelle ». L’objectif est entre autres, d’investir pour soutenir les producteurs, accélérer l’industrialisation au niveau national comme le veut le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso. A ce sujet, le DG a indiqué que des reformes sont indispensables et pour lesquelles il demande le soutien et l’engagement de ses collaborateurs.
A leur tour, les travailleurs par la voie de certains de leurs porte-paroles, ont dit qu’ils sont conscients de la situation que vit la Société marquée par la baisse de la production qui menace même la vie de l’entreprise. Ils ont rassuré le Directeur Général de leur engagement et leur disponibilité à l’accompagner dans sa mission. Aussi, ont-ils insisté sur la bonne gouvernance dont la gestion du personnel et l’amélioration des conditions de travail. A leurs préoccupations, le Directeur Général a répondu qu’elles trouveront des solutions à condition que « nous questionnons nous-mêmes nos modes de fonctionnement ». Dans tous les cas, a-t-il conclu, le rapport en élaboration pourrait permettre de résoudre certaines questions.
Direction de la Communication, des Relations Publiques et du Protocole (DCRPP)/SOFITEX.